Marcher contre Monsanto
21 mai 2015 par Thi Ngoc Tu Wüst
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En prévision de la marche mondiale contre Monsanto le 23 mai prochain à Morges, j’ai fait quelques recherches sur cette multinationale américaine.

Un passé et un présent sulfureux

Le documentaire militant « Le monde selon Monsanto » (2008) de Marie-Monique Robin ainsi que l’article « Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires » (2012) du journal le Monde plantent le décor : Monsanto est une entreprise qui fabrique des produits nocifs pour l’environnement et l’être humain.

PCB (produit chimique), agent orange (défolliant déversé sur les forêts viêtnamiennes durant la guerre), glyphosate (herbicide tuant toutes les plantes sauf celles génétiquement modifiées par Monsanto), hormones de croissance pour ne citer que les produits les plus connus pour leur nocivité avérée. Et si cela ne devait pas suffire en soi que fabriquer de tels produits, Monsanto ment, corrompt, et dissimule des faits dans le but de pouvoir continuer à les vendre car ils seraient sans danger ni pour la terre ni pour l’homme.

Je me demandais si ces journalistes n’étaient pas un peu alarmistes. Puis j’ai appris qu’une des accusations de Mme Robin dans son documentaire s’est confirmée dernièrement, à savoir que le glyphosate commercialisé sous la marque Roundup a été déclaré récemment cancérigène probable par le Centre de recherche sur le cancer. A l’heure où j’écris ce billet, Coop retire immédiatement ces produits de son assortiment, et Migros suivra juste derrière. Le Roundup serait l’herbicide le plus vendu au monde depuis des décennies, et est banni du jour au lendemain de nos principaux commerces en 2015. Peut-être aurions-nous été sages d’écouter Mme Robin en 2008 déjà. D’ailleurs, des experts du monde agricole concèdent qu’il n’y a pas d’erreur fondamentale dans les documentaires militants tels « Le monde selon Monsanto », mais ils regrettent une vision trop orientée et partielle.

Non aux OGM

Les Suisses ne veulent pas d’OGM (organismes génétiquement modifiés), ni dans leur assiette, ni dans leurs champs. Un moratoire interdisant les OGM en Suisse court jusqu’à fin 2017. Excepté pour la recherche, nous n’avons d’OGM nulle part. Le bétail suisse est nourri sans OGM, contrairement à celui de nos voisins européens. Le label Suisse Garantie le proclame sur son site : « Vous pouvez ainsi être sûrs que les produits végétales proviennent de cultures sans PGM (plantes génétiquement modifiées). Et pour ce qui est des produits d’origine animale, ils proviennent d’animaux non transgéniques, qu’il est interdit d’alimenter avec des fourrages OGM.  » Voilà une raison de plus pour privilégier les produits de l’agriculture suisse !

Non à Monsanto

A Morges où se trouve le quartier général pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient de la multinationale Monsanto, des citoyennes et citoyens vont pacifiquement montrer leur souhait d’une agriculture diversifiée avec des produits sains, respectueuse de l’environnement, des animaux et des hommes, comme ce qui se fait déjà beaucoup en Suisse !

Si nous n’avons pas notre mot à dire dans l’implantation  en Suisse d’une entreprise étrangère à l’éthique handicapée, je pense qu’il est possible dire non aux produits et aux agissements de Monsanto par cette marche citoyenne. Non à ce géant américain de l’agroindustrie lorsqu’il soumettra sa prochaine demande de défiscalisation, sachant qu’il a obtenu une exonération fiscale cantonale à 100%. Quand on sait que les bénéfices annuels de Monsanto sont de plusieurs milliards de dollars, je trouve que le manque à gagner fiscal serait mieux investi dans de petites ou moyennes entreprises vaudoises, ou dans des multinationales pour lesquelles nous serions fiers d’être le pays d’accueil.

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